3. Thsêng-tseu a dit: De ce que dix yeux le regardent, de ce que dix mains le désignent, combien n'a-t-il pas à redouter, ou à veiller sur lui-même!
4. Les richesses ornent et embellissent une maison, la vertu orne et embellit la personne; dans cet état de félicité pure, l'âme s'agrandit, et la substance matérielle qui lui est soumise profite de même. C'est pourquoi le sage doit rendre ses intentions pures et sincères[11].
Voilà le sixième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre par rendre ses intentions pures et sincères.
[11] «Il est dit dans le King: Désirant rendre ses intentions pures et sincères, ils s'attachaient d'abord à perfectionner au plus haut degré leurs connaissances morales. Il est encore dit: Les connaissances morales étant portées au plus haut degré, les intentions sont ensuite rendues pures et sincères. Or l'essence propre de l'intelligence est d'être éclairée; s'il existe en elle des facultés qui ne soient pas encore développées, alors ce sont ces facultés qui sont mises au jour par le perfectionnement des connaissances morales; il doit donc y avoir des personnes qui ne peuvent pas véritablement faire usage de toutes leurs facultés, et qui, s'il en est ainsi, se trompent elles-mêmes. De cette manière, quelques hommes sont éclairés par eux-mêmes, et ne font aucun effort pour devenir tels; alors ce sont ces hommes qui éclairent les autres; en outre, ils ne cessent pas de l'être, et ils n'aperçoivent aucun obstacle qui puisse les empêcher d'approcher de la vertu. C'est pourquoi ce chapitre sert de développement au précédent, pour rendre cette vérité évidente. Ensuite il y aura à examiner le commencement et la fin de l'usage des facultés, et à établir que leur ordre ne peut pas être troublé, et que leurs opérations ne peuvent pas manquer de se manifester. C'est ainsi que le philosophe raisonne.» (TCHOU-HI.)
CHAPITRE VII
Sur le devoir de se perfectionner soi-même en pénétrant son âme de probité et de droiture.
1. Ces paroles, se corriger soi-même de toutes passions vicieuses consiste à donner de la droiture à son âme, veulent dire: Si l'âme est troublée par la passion de la colère, alors elle ne peut obtenir cette droiture; si l'âme est livrée à la crainte, alors elle ne peut obtenir cette droiture; si l'âme est agitée parla passion de la joie et du plaisir, alors elle ne peut obtenir cette droiture; si l'âme est accablée par la douleur, alors elle ne peut obtenir cette droiture.
2. L'âme n'étant point maîtresse d'elle-même, on regarde, et on ne voit pas; on écoute, et on n'entend pas; on mange, et on ne connaît point la saveur des aliments. Cela explique pourquoi l'action de se corriger soi-même de toutes passions vicieuses consiste dans l'obligation de donner de la droiture à son âme.
Voilà le septième chapitre du Commentaire. Il explique ce que l'on doit entendre par se corriger soi-même de toute habitude, de toutes passions vicieuses, en donnant de la droiture à son âme[12].