Le Livre des Vers dit[5]:

«Le ciel est sur le point de renverser la dynastie de (Tcheou).

[Ministres de cette dynastie] ne perdez pas de temps!»

L'expression ne perdez pas de temps est équivalente à celle de ne pas être négligents. Ne pas suivre les principes d'équité et de justice dans le service du prince; ne pas observer les rites en acceptant ou en refusant une magistrature; blâmer vivement dans ses discours les principes de conduite des anciens empereurs: c'est comme si l'on était négligent et insouciant de la ruine de l'empire.

C'est pourquoi il est dit: Exhorter le prince à pratiquer des choses difficiles s'appelle acte de respect envers lui; lui proposer le bien à faire, l'empêcher de commettre le mal, s'appelle dévoûment sincère. Mais dire: Mon prince ne peut pas [exercer un gouvernement humain], cela s'appelle voler.

2. MENG-TSEU dit: Le compas et la règle sont les instruments de perfectionnement des choses carrées et rondes; le saint homme est l'accomplissement parfait des devoirs prescrits entre les hommes.

Si, en exerçant les fonctions et les devoirs de souverain, vous voulez remplir dans toute leur étendue les devoirs du souverain; si, en exerçant les fonctions de ministre, vous voulez remplir dans toute leur étendue les devoirs de ministre: dans ces deux cas, vous n'avez qu'à imiter la conduite de Yao et de Chun, et rien de plus. Ne pas servir son prince comme Chun servit Yao, ce n'est pas avoir du respect pour son prince; ne pas gouverner le peuple comme Yao le gouverna, c'est opprimer le peuple.

KHOUNG-TSEU disait: «Il n'y a que deux grandes voies dans le monde: celle de l'humanité et celle de l'inhumanité; et voilà tout.»

Si la tyrannie qu'un prince exerce sur son peuple est extrême, alors sa personne est mise à mort et son royaume est détruit[6]. Si sa tyrannie n'est pas poussée à l'extrême, alors sa personne est en danger, et son royaume est menacé d'être divisé. Le peuple donne à ces princes les surnoms d'hébété (Yeou), de cruel (Li)[7]. Quand même ces princes auraient des fils pleins de tendresse et de piété filiale pour eux, et des neveux pleins d'humanité, ces derniers, pendant cent générations, ne pourraient changer les noms flétrissants que leur a imposés la justice populaire.

Le Livre des Vers[8] dit:

«L'exemple de la dynastie Yn n'est pas éloigné;

Il en est un autre du temps de la dynastie Hia