27. MENG-TSEU dit: Il y a un tribut consistant en toile de chanvre et en soie dévidée; il y a un tribut de riz, et un autre tribut qui se paye en corvées. L'homme supérieur [ou le prince qui aime son peuple] n'exige que le dernier de ces tributs, et diffère les deux premiers. S'il exige ensemble les deux premiers, alors le peuple est consumé de besoins; s'il exige les trois genres de tributs en même temps, alors le père et le fils sont obligés de se séparer [pour vivre].

28. MENG-TSEU dit: Il y a trois choses précieuses pour les princes régnants de différents ordres: le territoire[30], les populations[31], et une bonne administration[32]. Ceux qui regardent les perles et les pierreries comme des choses précieuses seront certainement atteints de grandes calamités.

29. Y-tching, dont le petit nom était Kouo, occupait une magistrature dans le royaume de Thsi.

MENG-TSEU dit: Y-tching-kouo mourra.

Y-tching-kouo ayant été tué, les disciples du Philosophe lui dirent: Maître, comment saviez-vous que cet homme serait tué?

MENG-TSEU dit: C'était un homme de peu de vertu; il n'avait jamais entendu enseigner les doctrines de l'homme supérieur; alors il était bien à présumer que [par ses actes contraires à la raison] il s'exposerait à une mort certaine.

30. MENG-TSEU[33], se rendant à Theng, s'arrêta dans le palais supérieur. Un soulier, que l'on était en train de confectionner, avait été posé sur le devant de la croisée. Le gardien de l'hôtellerie le chercha, et ne le trouva plus.

Quelqu'un interrogeant MENG-TSEU, lui dit: Est-ce donc ainsi que vos disciples cachent ce qui ne leur appartient pas?

MENG-TSEU répondit: Pensez-vous que nous sommes venus ici pour soustraire un soulier?

Point du tout. Maître, d'après l'ordre d'enseignement que vous avez institué, vous ne recherchez point les fautes passées, et ceux qui viennent à vous [pour s'instruire] vous ne les repoussez pas. S'ils sont venus à vous avec un cœur sincère, vous les recevez aussitôt au nombre de vos disciples, sans autre information.