6. Les rites du sacrifice au ciel et du sacrifice à la terre étaient ceux qu'ils employaient pour rendre leurs hommages au suprême Seigneur[16]; les rites du temple des ancêtres étaient ceux qu'ils employaient pour offrir des sacrifices à leurs prédécesseurs. Celui qui sera parfaitement instruit des rites du sacrifice au ciel et du sacrifice à la terre, et qui comprendra parfaitement le sens du grand sacrifice quinquennal nommé Ti, et du grand sacrifice automnal nommé Tchang, gouvernera aussi facilement le royaume que s'il regardait dans la paume de sa main.
Voilà le dix-neuvième chapitre.
[15] On peut voir la gravure de cette sphère, et la description des cérémonies indiquées ci-dessus, dans la Description de la Chine, par le traducteur, tom. 1, p. 89 et suiv.
[16] «Le ciel et la terre qui est au milieu.» (Glose.)
CHAPITRE XX.
1. Ngai-koung interrogea KHOUNG-TSEU sur les principes constitutifs d'un bon gouvernement.
2. Le Philosophe dit: Les lois gouvernementales des rois Wen et Wou sont consignées tout entières sur les tablettes de bambous. Si leurs ministres existaient encore, alors leurs lois administratives seraient en vigueur; leurs ministres ont cessé d'être, et leurs principes pour bien gouverner ne sont plus suivis.
3. Ce sont les vertus, les qualités réunies des ministres d'un prince qui font la bonne administration d'un État; comme la vertu fertile de la terre, réunissant le mou et le dur, produit et fait croître les plantes qui couvrent sa surface. Cette bonne administration dont vous me parlez ressemble aux roseaux qui bordent les fleuves; elle se produit naturellement sur un sol convenable.
4. Ainsi la bonne administration d'un État dépend des ministres qui lui sont préposés. Un prince qui veut imiter la bonne administration des anciens rois doit choisir ses ministres d'après ses propres sentiments, toujours inspirés par le bien public; pour que ses sentiments aient toujours le bien public pour mobile, il doit se conformer à la grande loi du devoir; et cette grande loi du devoir doit être cherchée dans l'humanité, cette belle vertu du cœur, qui est le principe de l'amour pour tous les hommes.