7. La puissance ou la loi productive du ciel et de la terre peut être exprimée par un seul mot; son action dans l'un et l'autre n'est pas double: c'est la perfection; mais alors sa production des êtres est incompréhensible.
8. La raison d'être, ou la loi du ciel et de la terre, est vaste en effet; elle est profonde! elle est sublime! elle est éclatante! elle est immense! elle est éternelle!
9. Si nous portons un instant nos regards vers le ciel, nous n'apercevons d'abord qu'un petit espace scintillant de lumière; mais si nous pouvions nous élever jusqu'à cet espace lumineux, nous trouverions qu'il est d'une immensité sans limites; le soleil, la lune, les étoiles, les planètes, y sont suspendus comme à un fil; tous les êtres de l'univers en sont couverts comme d'un dais. Maintenant, si nous jetons un regard sur la terre, nous croirons d'abord que nous pouvons la tenir dans la main; mais, si nous la parcourons, nous la trouverons étendue, profonde; soutenant la haute montagne fleurie[20] sans fléchir sous son poids; enveloppant les fleuves et les mers dans son sein, sans en être inondée, et contenant tous les êtres. Cette montagne ne nous semble qu'un petit fragment de rocher; mais, si nous explorons son étendue, nous la trouverons vaste et élevée; les plantes et les arbres croissant à sa surface, des oiseaux et des quadrupèdes y faisant leur demeure, et renfermant elle-même dans son sein des trésors inexploités. Et cette eau que nous apercevons de loin nous semble pouvoir à peine remplir une coupe légère; mais, si nous parvenons à sa surface, nous ne pouvons en sonder la profondeur; des énormes tortues, des crocodiles, des hydres, des dragons, des poissons de toute espèce, vivent dans son sein; des richesses précieuses y prennent naissance.
10. Le Livre des Vers dit[21]:
«Il n'y a que le mandat du ciel
Dont l'action éloignée ne cesse jamais.»
Voulant dire par là que c'est cette action incessante qui le fait le mandat du ciel.
«Oh! comment n'aurait-elle pas été éclatante,
La pureté de la vertu de Wou-wang?»
Voulant dire aussi par là que c'est par cette même pureté de vertu qu'il fut Wou-wang, car elle ne s'éclipsa jamais.
Voilà le vingt-sixième chapitre. Il y est parlé de la loi du ciel.