2. Le Philosophe dit: Méditer en silence et rappeler à sa mémoire les objets de ses méditations; se livrer à l'étude, et ne pas se rebuter; instruire les hommes, et ne pas se laisser abattre: comment parviendrai-je à posséder ces vertus?
3. Le Philosophe dit: La vertu n'est pas cultivée; l'étude n'est pas recherchée avec soin; si l'on entend professer des principes de justice et d'équité, on ne veut pas les suivre; les méchants et les pervers ne veulent pas se corriger: voilà ce qui fait ma douleur!
4. Lorsque le Philosophe se trouvait chez lui, sans préoccupation d'affaires, que ses manières étaient douces et persuasives! que son air était affable et prévenant!
5. Le Philosophe dit: O combien je suis déchu de moi-même! depuis longtemps, je n'ai plus vu en songe Tcheou-koung[34].
6. Le Philosophe dit: Que la pensée soit constamment fixée sur les principes de la droite voie;
Que l'on tende sans cesse à la vertu de l'humanité;
Que l'on s'applique, dans les moments de loisir, à la culture des arts[35].
7. Le Philosophe dit: Dès l'instant qu'une personne est venue me voir, et m'a offert les présents d'usage[36], je n'ai jamais manqué de l'instruire.
8. Le Philosophe dit: Si un homme ne fait aucun effort pour développer son esprit, je ne le développerai point moi-même. Si un homme ne veut faire aucun usage de sa faculté de parler, je ne pénétrerai pas le sens de ses expressions; si, après avoir fait connaître l'angle d'un carré, on ne sait pas la dimension des trois autres angles, alors je ne renouvelle pas la démonstration.
9. Quand le Philosophe se trouvait à table avec une personne qui éprouvait des chagrins de la perte de quelqu'un, il ne pouvait manger pour satisfaire son appétit. Le Philosophe, dans ce jour (de deuil) se livrait lui-même à la douleur, et il ne pouvait chanter.