Le 18, je remonte l’oued Iskaouen, un magnifique « cañon » creusé dans les Grès inférieurs.
Il y a beaucoup d’humidité, une belle végétation, des Lauriers-roses, des Tamarix, des Kerenka, des Telehs et de nombreux abankors (tilmas [A]) qu’il faut connaître.
A Taragaïn, un marécage permanent avec Berdi (Typha) où les mouflons viennent boire.
Nous campons au confluent de l’oued Oihaken et de l’oued Iskaouen, près d’un point d’eau tenant de l’abankor et de l’aguelmam : In-Emiragen. La végétation est là fort belle ; entre autres, il y a de très beaux Kerenka[93]. Ce confluent est une rencontre grandiose de gorges magnifiques et partout les affluents ont constitué des reculées ruiniformes extraordinairement pittoresques.
Le 19, nous remontons toujours l’oued Iskaouen dans notre marche vers le Sud.
La vallée, d’abord encore étroite et encaissée, avec toujours de beaux arbres (Teleh, Etel, Kerenka) et Chobrok, Girgir, Arta, un peu de Bel-Bel, Lavande (?), Réséda, Mourkba, s’élargit et le Cristallin que laissaient pressentir les nombreux et gros cailloux de roches aux couleurs vives et variées de granits, gneiss, etc. du thalweg de l’oued jusque-là, apparaît sous les Grès inférieurs, placés en discordance dessus.
La vallée s’élargit de plus en plus, les grès étant réfugiés de plus en plus haut avec leurs falaises, sur des flancs de vallée en Cristallin couverts d’éboulis.
On a une impression de vraie montagne. Il y a de nombreuses terrasses d’alluvions sur le bord de l’oued qui, ici, s’ouvre après sa gorge étroite en un réseau confus de nombreux petits affluents sillonnant le Cristallin.
Nombreuses tombes variées et en particulier une tombe de marabout auprès de laquelle s’élèvent des pyramides de pierres, tumuli créés par le respect des passants qui se traduit ainsi.
Des mosquées à la manière targuia, c’est-à-dire constituées par la différenciation d’un lieu de prières sur le sol dessiné par des pierres et orienté par rapport à la Mecque, se montrent nombreuses (j’avais aperçu la première à Teouit).