F. 26. Vigne à la Thomery.
Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi, pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre circonstance, nous conseillons de la conduire à la Thomery (fig. [26]), ce mode de plantation offrant tous les avantages désirables.
1. Plantation.—La distance à observer entre chaque pied de Vigne dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière suivante: tous les 0m,65, on fera une tranchée d'environ 0m,33 de largeur et 0m,35 de profondeur; on la commencera 1m,33 ou 1m,65 du mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera jusqu'à 0m,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0m,65 du mur soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre.
Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de remplir la tranchée avec la terre du sol.
En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques millimètres au-dessus de l'œil, et de faire que le biseau de la coupe soit toujours opposé à l'œil terminal.
Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et on mettra un échalas à chaque pied. On y attachera chaque bourgeon, en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils se développeront.
2. Taille.—Première année.—À l'automne suivant, on continuera les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée d'avance.
À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux bourgeons dès qu'ils auront 0m,12 ou 0m,15 de longueur. Comme il est probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes Vignes.
Deuxième année.—On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible, car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera toutes les tiges a sur un œil placé à quelques centimètres au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0m,25 du sol. Si les tiges b, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à 0m,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur, promettent des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges a.