3. Marcottes.—On marcotte les espèces à bois tendre par incision, en mai et juin, soit en pleine terre, soit dans des pots à marcotte, et pour les espèces à rameaux ligneux on les marcotte par cépée. (Voyez l'article Marcottes.)

4. Boutures.—Presque tous peuvent être multipliés de boutures, mais sur couche et étouffées. Les Bengales et les Îles-Bourbon peuvent seuls se passer de ces soins.

C'est principalement par la greffe en écusson que l'on multiplie les espèces qu'on veut élever à tige; on leur donne l'Églantier à fruits longs pour sujet, puis le Rosier Quatre-Saisons ou le Bengale ordinaire pour les espèces qui ont quelque affinité avec ces derniers, et dans le cas où l'on ne veut que des tiges peu élevées.

On greffe les Rosiers en juillet et août, en ayant soin, comme nous l'avons indiqué à l'article Greffes, de profiter du moment où les sujets sont le plus en séve.

Quant au choix des espèces, chacun doit les prendre à son goût, et la seule recommandation que nous ayons à faire aux personnes qui ont des rosiers à greffer, c'est de prendre toujours de préférence des espèces qui puissent supporter sans souffrir les rigueurs de nos hivers.

Indépendamment des Rosiers greffés, on cultive un grand nombre de variétés franches de pied, avec lesquelles on forme de charmants massifs. Mais comme beaucoup souffrent de nos hivers, il faut, pour les conserver, les butter à l'approche des froids, puis les couvrir de feuilles ou de litière, s'il survient de fortes gelées. En février enfin, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on découvre ces Rosiers et l'on détruit les buttes. Par ce moyen, l'on peut sans crainte livrer à la pleine terre toutes les variétés qu'on cultive ordinairement en pots.

On peut facilement avancer la floraison des espèces, telles que Quatre-Saisons, du Roi, Bengale ordinaire et quelques-unes de ses variétés. Pour cela, il faut avoir des Rosiers plantés en pots de l'année précédente; on les taille en automne, et dès le mois de janvier on peut commencer à en forcer une partie, soit en les plaçant dans une serre chauffée, toujours le plus près possible des vitraux, ou bien sous châssis; mais alors il faut creuser une bonne tranchée autour du coffre; puis on élève un réchaud de fumier neuf, que l'on remanie plus ou moins souvent, suivant l'époque. On couvre les châssis la nuit, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.

Tous les Rosiers cultivés en pleine terre fleurissent en juin; plus tard ceux d'espèce remontante donnent une seconde floraison; mais il y a nécessairement interruption entre la première et la seconde floraison. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit tout simplement de supprimer les boutons à fleurs d'un certain nombre de Rosiers remontants.

Un instant arrêtés dans leur développement, ces Rosiers ne tardent pas à produire de nouveaux rameaux, dont les fleurs succèdent aux premières Roses. Vient ensuite la seconde floraison naturelle, de manière que par ce moyen on a des Roses pendant toute la belle saison.

La culture des Rosiers n'offre rien de particulier; il suffit de les tailler en mars, plus ou moins court, selon leur vigueur, et pendant leur végétation de pincer l'extrémité des branches qui poussent trop vigoureusement; puis d'enlever avec soin toutes celles qui partent du pied ou qui se développent sur la tige.