Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que se rencontrent les améliorations les plus remarquables au Manuel de Jardinage, dans sa septième édition, depuis la composition de gazons, écueil où viennent échouer tant de jardiniers inexpérimentés, jusqu'à la direction des plantes les plus difficiles à obtenir dans tout l'éclat de leur beauté.
En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et de déboires.
De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un meilleur parti des ressources dont ils disposent.
Les livres qui, comme le Manuel de Jardinage, aplanissent la route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux: ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût; et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à l'exécution matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement trop élevé le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la portée de tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les éditions précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus scrupuleuse correction typographique. Cette édition nouvelle du Manuel de Jardinage réunit, comme on le voit, tout ce qui peut mériter à ce livre la continuation de la faveur dont il est en possession depuis sa naissance.
CHAPITRE PREMIER.
Disposition générale d'un jardin potager.
Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance.
Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture courante. Nous ne prétendons pas dire que les terrains de nature différente soient impropres à la végétation; car tous lui conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins.
Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons, des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités qui lui manquent.
Le potager que nous représentons (fig. [1], à la fin du volume) forme un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue, choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons; seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les cultures de même espèce.