Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la serre.
§ VI.—Rempotage.
Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu à l'ombre.
On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la plante la tête en bas, et, en soutenant le pot de la main droite on en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une fois la motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a souvent lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un tissu de racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que la surface de la motte se trouve de 0m,04, à 0m,05 au-dessous des bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre d'environ 0m,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir l'eau des arrosements.
Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne s'écartent pas de la culture ordinaire.
§ VII.—Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes ci-après désignées.
Pélargoniums.—Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un peu de poudrette bien tamisée[5].
Calcéolaires.—Terre de bruyère, terre franche et terreau de feuilles.
Verveines.—Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de potager.
Cinéraires.—Terre de bruyère et terreau.