UNE VENTE AU TATTERSALL (rue Beaujon)
Le public spécial de cet établissement attend toujours la chance de trouver au même prix (trois cents francs) une nouvelle plaisanterie, revendue soixante mille francs, après avoir gagné toutes les courses dans lesquelles l'avait fait partir son heureux acquéreur. L'occasion ne s'est pas renouvelée, que je sache. Mais, comme les petits marchands de chevaux sont restés les clients attitrés de la maison, il en résulte pour le gros public la certitude de ne jamais payer un cheval au delà de sa valeur, les marchands arrêtant net leurs enchères quand ils ne voient plus la possibilité d'un bénéfice à réaliser promptement.
UN MARIAGE (La Madeleine)
La foule est généralement sympathique aux mariages. L'heure à laquelle ils s'accomplissent coïncide généralement avec celle du déjeuner des modistes et autres couturières du quartier, que leur manque de dot maintient à l'état de célibataires sans leur enlever le désir et l'espérance de monter en grade. Elles constituent le fonds des spectateurs, et leurs connaissances spéciales leur permettent d'estimer avec exactitude les ressources probables des nouveaux conjoints et de leur entourage.