Pour me purger de ce mauvais air, je m’exposais tout nu au soleil dessus une terrasse, je m’y allais quatre ou cinq heures durant au bout desquelles je descendis et les chiens ne sentant plus l’influence qui m’avait fait leur ennemi, s’en retournèrent chacun chez soi.
Je m’enquis au port quand un vaisseau partirait pour la France et lorsque je fus embarqué, je n’eus l’esprit tendu qu’à ramener aux merveilles de mon voyage. J’admirai mille fois la Providence de Dieu qui avait reculé ces hommes naturellement impies en un lieu où ils ne pussent corrompre ses bien-aimés et les avait punis de leur orgueil en les abandonnant à leur propre suffisance, aussi je ne doute point qu’il n’ait différé jusqu’ici d’envoyer leur prêcher l’Evangile, parce qu’ils savaient qu’ils en abuseraient et que cette résistance ne servirait qu’à leur faire mériter une plus rude punition en l’autre monde.
FIN
NOTES
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[1] Jouaust.—La Mort d’Agrippine, 1875.
[2] Ce sonnet, se trouve dans les Œuvres poétiques du sieur de P. (Prade), publiées en 1650 (Paris, Nicolas et Jean de la Coste, in-4). Il prouve que le Voyage dans la Lune était composé longtemps avant la mort de Cyrano, auquel il causa de graves ennuis, comme lui-même nous l’apprend dans l’Histoire des Etats et Empires du Soleil.
[3] Horace, Art Poétique.
[4] Var: plusieurs grands hommes. (Edition Le Bret.)