—Sidonie … Sidonie!… priait-il d'une voix sourde.
Et il la forçait d'accepter quelques francs.
—Oh! M. Triphon, que pensez-vous! faisait-elle avec un geste de refus.
—Si; je le veux! insistait-il.
Alors elle acceptait en murmurant: «Merci».
—Tu n'es pas fâchée, Sidonie?
—Non … répondait-elle avec quelque effort.
Calmement, elle redescendait l'escalier et M. Triphon s'approchait de Kaboul, qui, pendant ce temps, avait flairé des rats et furetait à travers la paille en grattant furieusement.
—Où sont-elles, les sales bêtes? Happe-les, Kaboul! excitait-il.
Frémissant d'ardeur, le petit chien piaillait, et son museau noir était gris de poussière; il avait les cils blancs, comme s'il sortait d'un sac de farine. Il râlait, un moment immobile, pour reprendre haleine; puis, brusquement, il se refourrait dans le tas, soufflant, crachant, forant du nez en secousses vives vers la cachette du rat. Soudain, il y avait une lutte brève; le petit chien disparaissait jusqu'à la queue dans la paille; on entendait un miaou de détresse et Kaboul, par à-coups brusques, ressortait du tas, un gros rat en travers de la gueule. Parfois il lâchait un moment la bête, qui essayait de se traîner sur les planches; mais quelques coups de dents mettaient fin à la lutte. Et Kaboul, très fier, s'avançait vers son maître, le chef ensanglanté de sa proie lui pendant d'un côté de la gueule, de l'autre la longue queue et l'arrière-train. M. Triphon ne manquait jamais de venir montrer dans la «fosse aux femmes» le produit de sa chasse.