—Vous voyez bien! s'écria Free triomphant.
—Naturellement les hommes se soutiennent entre eux. Ils se valent! dit une ouvrière.
Les hommes protestèrent avec véhémence; mais il semblait bien qu'une vérité venait d'être dite, car aucun d'eux, sauf Pierken, ne s'éleva contre l'opinion de Free.
Le coeur de M. Triphon battait à grands coups. Il était en proie aux sentiments les plus contradictoires, et volontiers il en eût appris davantage. Mais à cet endroit on pouvait le surprendre à chaque instant et il avait beaucoup de peine à retenir Kaboul, qui s'impatientait. Il le lâcha enfin et le petit chien fut d'un bond dans la cour, où aussitôt des «sst» avertisseurs se firent entendre. Du coup, la conversation tomba. M. Triphon allait suivre son compagnon lorsque, en franchissant le seuil et tournant machinalement la tête, qu'aperçut-il…. Bruun qui l'épiait de loin, par la porte entr'ouverte de la chambre des machines!… «Sacredieu!» gronda M. Triphon d'une voix sourde. Le rouge de la honte lui monta aux joues, et il eut un mouvement instinctif pour sauter sur le mouchard. Mais déjà Bruun avait tout doucement refermé la porte.
Dans la cour les ouvriers s'étaient levés, prêts à retourner au travail. Les femmes se dirigeaient, les jambes raides, vers leur «fosse»; et sous la porte charretière apparut Justin-la-Craque, suivi de son aide Komèl, qui portait une barre de fer. Justin était visiblement dans les vignes. Il se dirigea tout droit vers M. Triphon, qu'il n'avait pas vu depuis l'histoire, et se mit à fredonner en mineur, les yeux fixés sur le jeune homme, ses yeux aqueux d'ivrogne:
—Ooooooooooo…
—Pepita… Pepita…, dit Leo en riant.
—Ooooooooooo… répéta Justin avec entêtement en se tournant vers Leo.
—Fikandouss-Fikandouss-Fikandouss! glapit Feelken.
—Ooooooooooo… persista Justin en se tournant, cette fois, vers
Feelken.