CHAPITRE CLXXI.
De l'emboîtement des épaules, et de leurs jointures.
Les jointures des épaules et des autres membres qui se plient, seront expliquées en leur lieu dans le Traité de l'Anatomie, où je ferai voir les causes des mouvemens de chaque partie dont le corps de l'homme est composé.
CHAPITRE CLXXII.
Des mouvemens des épaules.
Les mouvemens simples sont les principaux de ceux qui se font à la jointure des épaules: ces mouvemens sont ceux par lesquels le bras se porte en haut et en bas, en devant ou en arrière: on pourroit dire que ces quatre mouvemens sont en quelque sorte infinis; car si on fait avec le bras une figure circulaire sur un mur, on aura fait tous les mouvemens que l'épaule peut faire, parce que toute quantité continue se peut diviser à l'infini, et ce cercle est une quantité continue qui a été faite par le mouvement du bras, qui en a tracé et parcouru la circonférence: donc ce cercle étant divisible à l'infini, les mouvemens des épaules sont aussi en quelque sorte infinis.
CHAPITRE CLXXIII.
Des mesures universelles des corps.
Je dis que les mesures universelles des corps doivent s'observer dans les longueurs des figures seulement; et non pas dans les largeurs; parce que c'est une chose merveilleuse dans la nature, que de toutes ses productions on n'en voit aucune de quelque espèce que ce soit, laquelle considérée en particulier, soit précisément semblable à une autre: c'est pourquoi, vous qui êtes imitateur de la nature, considérez attentivement la variété des contours; néanmoins je suis d'avis que vous évitiez les choses qui sont monstrueuses, comme des jambes trop longues, des corps trop courts, des poitrines étroites et des bras longs: observez donc les mesures des jointures, et les grosseurs dans lesquelles la nature se plaît à faire paroître de la variété, pour faire de même à son exemple.
CHAPITRE CLXXIV.