Soit que des vers Latins ou des François je trace,
Tu les chantes partout, ores qu'ils soient sans grace,
Et si ne puis sçavoir d'où me provient cet heur,
Si ce n'est que tu veus qu'ils vivent par ta bouche.
Je le croy; mais, helas! ô fortune farouche!
Tu fais vivre mes vers et mourir leur autheur.
E. Pasquier.
A E. PASQUIER.
Vostre encre est de ce just qui change l'homme en Dieu
Dont Glauque se nourrist quand il quitta son lieu
Pour les ondes, laissant nostre terre fleurie;
Comme le clair flambeau de ce grand univers
Ternit les moindres feus, la grace de vos vers
Fait mourir mes escris et me donne la vie.
C. Des Roches.
LA MESME DES ROCHES
AU MESME PASQUIER.
O second Apollon, je n'eus jamais l'audace
De penser honorer vostre excellente grace,
Je sçay que vostre honneur est hors d'accroissement.
De vostre beau Soleil je suis l'obscure nue,
Qui, au lieu d'exprimer vostre gloire cogneue,
Meurtris de vostre los le plus digne ornement.
A E. PASQUIER.
T u dis, Pasquier, qu'en consultant,
Sur la puce tu fais des vers;
Ne plain point le temps que tu pers,
Puis qu'en perdant tu gagnes tant.
Ach. D. H.