Quantefois j'ay veu, au matin,
De ma maistresse le tetin
Picoté de tes noires traces!
Et si là j'en voyois l'effet,
Dieu sçait si tu n'avois point fait
Encores pis en d'autres places.
Ceux qui t'ont fait par fiction
Estre la fille d'Orion
Ont bien trouvé ton origine:
Car Orion est un pisseur,
Et tu nais de l'orde espesseur
Qui se detrampe avec l'urine.
Puis ce qu'on faint que Pan t'ayma
Quand Jupiter te transforma
En cette petitesse noire,
Si Pan n'estoit qu'un vieil bouquin,
Salle et ord, puant et faquin,
Celà n'est pas fascheux à croire.
Quant à moy, je ne te crains rien,
Car Dieu mercy j'ay le moyen
D'eviter ta salle morsure:
Je me sçay tenir nettement
Au linge et en l'accoustrement,
C'est la recepte la plus seure.
La chambre souvent balloyer,
Le haut et le bas nettoyer,
S'esloigner de tous lieux infames,
Est le moyen de s'exempter
De toy, qui ne veut adjouter
Ne coucher point avec les femmes.
Et quand cela je n'aurois point,
Encores sçay-je un autre point
Pour brider ta gueule alterée:
Dés le soir je m'enyvreray,
Et toute la nuit dormiray
Sans sentir ta pointe acerée.