Cet excellent rameau de la noble racine
Qui commandoit Verone a voulu prendre soin
De la petite Puce: aussi elle a besoin,
Pour monter dans les Cieux, d'une Escale divine.
Ainsi qu'elle approchoit du throne de sa gloire,
Amour la vint saisir. Ce petit affeté
En vain en est jaloux: car il est arresté
Que les vers de Binet luy donnent la victoire.
Qui seroit negligent à si loüable peine
Pour donner à la Puce un gentil ornement?
Le sçavant La Coudraye l'habille proprement,
Ores à la Françoise et or' à la Romaine.
Courage, ma mignonne, il faut prendre la place
Du meurtrier d'Orion, il faut prendre ce lieu
Qui vous est préparé d'un homme, mais d'un Dieu
Qui vous y fait guider par les mains de la Grace.
L'oyseau favorisé de l'archer du tonnerre,
Œilladant cette Puce avec un doux regard,
Luy veut prester son dos pour luy servir de chart,
Et de ses ailerons mignardement l'enserre.
Elle est placée au Ciel, et le fourier Hygine
N'a marqué son logis; mais cest oyseau sacré
Qui fait entre les Dieux ce qui luy vient à gré
A voulu qu'elle fut un favorable signe.
Bien-heureux qui l'aura au point de sa naissance
Pour son astre ascendant, et bien-heureux aussi
De qui elle prendra un gracieux soucy,
Faisant couler sur luy sa celeste influence.
Mais qui luy a donné cette chesne dorée?
Vrayment cest LE CLAIR OR, qui par l'eclair luysant
De ses beaux vers dorez luy a fait ce present,
Et par l'honneur de luy la Puce est honorée.
C. Des Roches.