Le 11.—Conséquemment je travaillai à cela, et je plaçai deux étais ou poteaux posés à plomb sous le ciel de la grotte, avec deux morceaux de planche mis en croix sur chacun. Je terminai cet ouvrage le lendemain; puis, ajoutant encore des étais garnis de couches, au bout d’une semaine environ j’eus mon plafond assuré; et, comme ces poteaux étaient placés en rang, ils me servirent de cloisons pour distribuer mon logis.

Le 17.—A partir de ce jour jusqu’au vingtième, je posai des tablettes et je fichai des clous sur les poteaux pour suspendre tout ce qui pouvait s’accrocher; je commençai, dès lors, à avoir mon intérieur en assez bon ordre.

Le 20.—Je portai tout mon bataclan dans ma grotte; je me mis à meubler ma maison, et j’assemblai quelques bouts de planche en manière de table de cuisine, pour apprêter mes viandes dessus; mais les planches commençaient à devenir fort rares par devers moi; aussi ne fis-je plus aucune autre table.

Le 24.—Beaucoup de pluie toute la nuit et tout le jour; je ne sortis pas.

Le 25.—Pluie toute la journée.

Le 26.—Point de pluie; la terre était alors plus fraîche qu’auparavant et plus agréable.

Le 27.—Je tuai un chevreau et j’en estropiai un autre qu’alors je pus attraper et amener en laisse à la maison. Dès que je fus arrivé, je liai avec des éclisses l’une de ses jambes qui était cassée.

Nota.—J’en pris un tel soin, qu’il survécut, et que sa jambe redevint aussi forte que jamais; et, comme je le soignai ainsi fort longtemps, il s’apprivoisa et paissait sur la pelouse, devant ma porte, sans chercher aucunement à s’enfuir. Ce fut la première fois que je conçus la pensée de nourrir des animaux privés, pour me fournir d’aliments quand toute ma poudre et tout mon plomb seraient consommés.

Les 28, 29 et 30.—Grandes chaleurs et pas de brise; si bien qu’il ne m’était possible de sortir que sur le soir pour chercher ma subsistance. Je passai ce temps à mettre tous mes effets en ordre dans mon habitation.