Nota.—Je n’avais jamais vu ce procédé mécanique en Angleterre, ou du moins je ne l’avais point remarqué, quoique j’aie observé depuis qu’il y est très commun; en outre, cette pierre était très grande et très lourde, et je passai une semaine entière à amener cette machine à perfection.
Les 28 et 29.—J’employai ces deux jours à aiguiser mes outils, le procédé pour faire tourner ma pierre allant très bien.
J’employai ces deux jours à aiguiser mes outils.
Le 30.—M’étant aperçu depuis longtemps que ma provision de biscuit diminuait, j’en fis la revue et je me réduisis à un biscuit par jour, ce qui me rendit le cœur très chagrin.
MAI
Le 1er.—Le matin, en regardant du côté de la mer, à la marée basse, j’aperçus par extraordinaire sur le rivage quelque chose de gros qui ressemblait assez à un tonneau; quand je m’en fus approché, je vis que c’était un baril et quelques débris du vaisseau qui avaient été jetés sur le rivage par le dernier ouragan. Portant alors mes regards vers la carcasse du vaisseau, il me sembla qu’elle sortait au-dessus de l’eau plus que de coutume. J’examinai le baril qui était sur la grève, je reconnus qu’il contenait de la poudre à canon, mais qu’il avait pris l’eau et que cette poudre ne formait plus qu’une masse aussi dure qu’une pierre. Néanmoins, provisoirement, je le roulai plus loin sur le rivage, et je m’avançai sur les sables le plus près possible de la coque du navire, afin de mieux la voir.
Quand je fus descendu tout proche, je trouvai sa position étonnamment changée. Le château de proue, qui d’abord était enfoncé dans le sable, était alors élevé de six pieds au moins, et la poupe, que la violence de la mer avait brisée et séparée du reste peu de temps après que j’y eus fait mes dernières recherches, avait été lancée, pour ainsi dire, et jetée sur le côté. Le sable s’était tellement amoncelé près de l’arrière, que là où auparavant une grande étendue d’eau m’empêchait d’approcher à plus d’un quart de mille sans me mettre à la nage, je pouvais marcher jusqu’au vaisseau quand la marée était basse. Je fus d’abord surpris de cela, mais bientôt je conclus que le tremblement de terre devait en être la cause; et, comme il avait augmenté le bris du vaisseau, chaque jour il venait au rivage quantité de choses que la mer avait détachées, et que les vents et les flots roulaient par degrés jusqu’à terre.