—Bon, alors, dit-il, je suis sérieux, et j'accepte votre conseil; mais auparavant je veux vous poser une question très grave.
—Toute question que vous voudrez, dis-je, excepté celle de tout à l'heure.
—Non, dit-il, je ne puis me contenter de cette réponse, car, en somme, c'est là ce que je veux vous demander.
—Vous pouvez demander ce qu'il vous plaira, dis-je, mais je vous ai déjà répondu là-dessus; d'ailleurs, monsieur, dis-je, pouvez-vous avoir de moi si mauvaise opinion que de penser que je répondrais à une telle question faite d'avance? Est-ce que femme du monde pourrait croire que vous parlez sérieusement, ou que vous avez d'autre dessein que de vous moquer d'elle?
—Mais, mais, dit-il, je ne me moque point de vous; je suis sérieux, pensez-y.
—Voyons, monsieur, dis-je d'un ton un peu grave, je suis venue vous trouver au sujet de mes propres affaires; je vous prie de me faire savoir le parti que vous me conseillez de prendre.
—J'y aurai réfléchi, dit-il, la prochaine fois que vous viendrez.
—Oui, mais, dis-je, vous m'empêchez absolument de jamais revenir.
—Comment cela? dit-il, l'air assez surpris.
—Parce que, dis-je, vous ne sauriez vous attendre à ce que je revienne vous voir sur le propos dont vous parlez.