Et il tire un petit écrin de chagrin et en sort une très belle bague de diamant qu'il me donne. Je n'aurais pu la refuser, si j'avais eu envie de le faire, car il la passa à mon doigt; de sorte que je ne fis que lui tirer une révérence. Puis il sort une autre bague:

—Et celle-ci, dit-il, est pour une autre occasion, et la met dans sa poche.

—Mais laissez-la-moi voir tout de même, dis-je, et je souris; je devine bien ce que c'est; je pense que vous soyez fou.

—J'aurais été bien fou, dit-il, si j'en avais fait moins. Et cependant il ne me la montra pas et j'avais grande envie de la voir; de sorte que je dis:

—Mais enfin, laissez-la-moi voir.

—Arrêtez, dit-il, et regardez ici d'abord. Puis il reprit le rouleau et se mit à lire, et voici que c'était notre licence de mariage.

—Mais, dis-je, êtes-vous insensé? Vous étiez pleinement assuré, certes, que je céderais au premier mot, ou bien résolu à ne point accepter de refus!

—La dernière chose que vous dites est bien le cas, répondit-il.

—Mais vous pouvez vous tromper, dis-je.

—Non, non, dit-il, il ne faut pas que je sois refusé, je ne puis pas être refusé.