Après que ces reproches que je m'adressais furent passés, il s'ensuivit ainsi:
—Eh bien, s'il faut que je sois sa femme, s'il plaît à Dieu me donner sa grâce, je lui serai bonne femme et fidèle, et je l'aimerai selon l'étrange excès de la passion qu'il a pour moi; je lui ferai des amendes, par ce qu'il verra, pour les torts que je lui fais, et qu'il ne voit pas.
Il était impatient que je sortisse de ma chambre; mais trouvant que je restais trop longtemps, il descendit l'escalier et parla à l'hôte au sujet du ministre.
Mon hôte, gaillard officieux, quoique bien intentionné, avait fait chercher l'ecclésiastique; et quand mon monsieur se mit à lui porter de l'envoyer chercher:
—Monsieur, lui dit-il, mon ami est dans la maison.
Si bien que sans plus de paroles, il les fit rencontrer ensemble. Quand il trouva le ministre, il lui demanda s'il voudrait bien s'aventurer à marier un couple d'étrangers, tous deux de leur gré. L'ecclésiastique répondit que M... lui en avait touché quelques mots; qu'il espérait que ce n'était point une affaire clandestine, qu'il lui paraissait avoir affaire à une personne sérieuse, et qu'il supposait que madame n'était point jeune fille, où il eût fallu le consentement d'amis.
—Pour vous sortir de doute là-dessus, dit mon monsieur, lisez ce papier, et il tire la licence.
—Je suis satisfait, dit le ministre; où est la dame?
—Vous allez la voir tout à l'heure, dit mon monsieur.
Quand il eut dit, il monta l'escalier, et j'étais à ce moment sortie de ma chambre; de sorte qu'il me dit que le ministre était en bas, et qu'après lui avoir montré la licence, il s'accordait à nous marier de tout son cœur, mais il demandait à me voir; de sorte qu'il me demandait si je voulais le laisser monter.