Mais je suis dans un climat chaud, où, si j'avais des vêtements, je pourrais à peine les porter.
LE MAL.
Je suis sans aucune défense, et sans moyen de résister à aucune attaque d'hommes ou de bêtes.
LE BIEN.
Mais j'ai échoué sur une île où je ne vois nulle bête féroce qui puisse me nuire, comme j'en ai vu sur la côte d'Afrique; et que serais-je si j'y avais naufragé?
LE MAL.
Je n'ai pas une seule âme à qui parler, ou qui puisse me consoler.
LE BIEN.
Mais Dieu, par un prodige, a envoyé le vaisseau assez près du rivage pour que je pusse en tirer tout ce qui m'était nécessaire pour suppléer à mes besoins ou me rendre capable d'y suppléer moi-même aussi long-temps que je vivrai.
En somme, il en résultait ce témoignage indubitable, que, dans le monde, il n'est point de condition si misérable où il n'y ait quelque chose de positif ou de négatif dont on doit être reconnaissant. Que ceci demeure donc comme une leçon tirée de la plus affreuse de toutes les conditions humaines, qu'il est toujours en notre pouvoir de trouver quelques consolations qui peuvent être placées dans notre bilan des biens et des maux au crédit de ce compte.