—Comment l'aurais-je oubliée?» demanda Frederick.
Son regard eut tant de signification et un si mélancolique reproche, qu'un peu de rose aviva la pâleur de Flaviana. Ce jour-là, en effet, il accompagnait sa cousine. Et n'avait-il pas montré à quel point il aimait la danseuse, puisqu'il l'avait suppliée de porter son nom, de devenir une des plus grandes dames de la hautaine aristocratie anglaise, sa femme, la comtesse de Hawksbury.
—«Lady Maud,» reprit l'étoile, «me demandait d'abandonner mon art, de cesser de danser, d'accepter, pour vivre, une pension que son mari et elle-même me feraient quand elle serait princesse Omiroff. De mon consentement dépendait celui de sa mère à son mariage. Car la duchesse de Carington ne supporte pas l'idée que sa fille ait une ballerine pour belle-sœur. Et je serais sa belle-sœur, la veuve du prince Dimitri Omiroff.»
L'Anglais inclina la tête, laissa tomber un seul mot:
—«Exact.
—Eh bien,» s'écria Flaviana, «je consens à tout maintenant... à tout ce que peuvent souhaiter de moi Boris et sa fiancée.
—Sa fiancée...» répéta Hawksbury avec un geste dubitatif.
—«Ne l'est-elle pas? Ne le sera-t-elle pas officiellement dès qu'on connaîtra ma soumission? Le prince n'est-il pas parti pour aller jusqu'en Asie au-devant d'elle, comme l'annoncent les journaux?
—C'est possible...
—Alors?...