—Oui... Et puis ça tire, ça brûle, donc!

—C'est pour son bien.

—Oh! les nouveaux systèmes...» grommela le frotteur.

—«C'était aussi un nouveau système, la vaccine, quand on l'a inventée, Pageant.

—Pas la même chose... La vaccine, elle, empêche la maladie de venir.

—Mais quand la maladie est venue, Pageant, que l'ennemi est dans la place, il faut faire appel à toutes les forces capables de sauver l'organisme.

—Je vous demande pardon, madame Flaviana,» fit le brave homme. «J'suis p'têtre qu'un ignorant...—j'en suis même un pour sûr,—mais je ne comprends pas. Un abcès, ça ne donne pas des forces... Ça en ôte.»

Flaviana eut recours à une comparaison.

—«Lorsqu'un pays est attaqué, dites-moi, qu'est-ce qu'on fait? On mobilise tous les corps d'armée, on amène les troupes en grand nombre vers la frontière ouverte. Eh bien, quand un organisme vivant est attaqué, les choses se passent de même. La nature bat le rappel dans tout cet organisme, et concentre sur un point, en face des envahisseurs, qui sont les microbes, les vaillants soldats, qu'on appelle, d'un nom un peu barbare, les phagocytes. Seulement, il peut arriver que les microbes soient très redoutables, et le corps dont ils font l'assaut, très débile. Alors la science essaie d'un moyen: elle mobilise la réserve, elle suscite l'ardeur, l'enthousiasme, des phagocytes paresseux, des phagocytes antimilitaristes. Et, pour cela, elle crée l'abcès artificiel, qui attire près du point menacé des renforts de défenseurs. Je vous dis cela très en gros, mon bon Pageant, car je ne suis guère plus savante que vous...

—Oh! madame...