—J'ai épousé mon cousin.»

Il y eut un silence.

Les deux femmes,—de beauté si diverse, mais toutes deux si séduisantes!—se considérèrent un instant. Elles semblaient hésiter entre les impulsions de leurs sentiments véritables et le souci de la meilleure attitude, sans bien démêler ni l'une ni les autres. L'Anglaise, mieux préparée puisqu'elle avait cherché la rencontre, parla la première:

—«Vous pensez, j'en suis sûre, madame, à ce jour où celui qui est aujourd'hui mon mari a, devant moi, demandé votre main?»

L'ardente ombre rose sur le teint mat de Flaviana fut l'équivalent d'une réponse.

—«Alors, je lui ai dit,» reprit l'étrangère, «que je le comprenais bien, et qu'il avait raison d'être fou de vous. Aujourd'hui, je n'ai pas changé d'avis.

—Madame...» hasarda l'ex-étoile, dont la rougeur s'accentua.

—«C'est parce que j'ai cette haute opinion de vous, que je suis venue vous tendre la main, à présent que nos destins ont changé. J'ai voulu vous annoncer moi-même mon mariage.»

Disant cela, elle s'assit sans façon, comme si elle en avait assez long à dire. Flavienne qui, ne sachant si elle venait en amie, ne lui avait pas offert un siège, en prit un à son tour. Puis, impétueusement, elle s'écria:

—«Si vous saviez, madame, comme je suis contente!... Comme je suis contente pour lord Hawksbury!...