Vincent, pour ne pas sonner un valet qui eût vu Mme Marsan dans sa chambre, alluma lui-même les candélabres de la cheminée, puis ferma les volets, les fenêtres, les rideaux.

Ensuite il marcha sur elle les bras croisés.

—Prouvez-moi, dit-il, que je suis un menteur.

Sabine tomba défaillante sur une chaise, mit ses deux mains devant son visage et murmura:

—Pardonnez-moi!... Je n’ai plus le courage de l’épreuve...

Il lui écarta rudement les mains.

—Sabine, dit-il, vous jouez avec la fierté d’un homme, avec sa loyauté, avec tous ses meilleurs sentiments. Vous ne savez pas à quelle force il me faut recourir... Mais ma patience est à bout! Quelle est cette épreuve dont vous n’avez pas le courage, et qui doit montrer si je sais dire la vérité?

—Ah! je ne peux pas!... gémit-elle. Ayez pitié! Je suis une misérable!... Je ne vous parlerai plus comme je l’ai fait.

—Que vouliez-vous dire?

—N’insistez pas. Dans deux jours cette malheureuse inauguration sera passée... Nous retournerons à Paris ensemble, et nous oublierons ces vilains moments.