A ce nom, Robert vit distinctement trembler la main sur laquelle reposait la tête de Sabine.

—J’ai déjà pensé à faire fouiller ce trou, remarqua le juge.

Mme Marsan changea de position, prit une de ses mains dans l’autre. Mais, comme malgré son effort visible pour se raidir le frémissement nerveux continuait, elle se leva, fit deux pas dans la chambre. Et bientôt elle parut très occupée à disposer différemment les chrysanthèmes d’une des gerbes.

Robert n’osa la suivre des yeux. Il se sentait devenir tellement pâle et craignait tant une trahison de son regard, qu’à son tour il enfouit sa tête dans ses mains.

Mais tout de suite il repoussa le soupçon inouï qui venait de le traverser comme un éclair.

«Elle a peur qu’on ne fouille ce trou, parce qu’elle y a jadis jeté quelque lettre peut-être, un de ces riens compromettants que toutes les femmes gardent parmi les chiffons de leur armoire à glace, et dont elles ne se débarrassent qu’à la dernière extrémité. Voyons, est-ce que j’ai eu un instant de folie? Qu’est-ce que j’allais imaginer là?...»

Enfin maître de son propre trouble, il revint à la conscience de ce qui se passait pour entendre Vincent expliquer que des fouilles dans le Puits du Diable n’amèneraient guère de résultat.

—Les roches se resserrent vers cinq à six mètres au-dessous de l’ouverture, de façon à ne pas laisser passer le corps d’un homme. C’est le revolver que vous penseriez peut-être retrouver là dedans, monsieur? Eh bien, si l’assassin l’y a jeté, il connaissait l’endroit, sans doute, et ce rétrécissement du trou. Il aurait eu là une idée excellente.

—Avez-vous vu, monsieur, dit le juge, la balle qui a failli vous tuer?