—Oh! ce n’est pas une découverte. Seulement un souvenir. Cela m’est revenu cette nuit, et je n’ai pu refermer l’œil. Mais d’abord, dites-moi? N’est-ce pas dans ses propres bois qu’on a tiré sur M. de Villenoise?
—Oui, dans ses bois. Vous le savez bien.
—Je sais?... Mais non, je ne sais pas!... On l’a blessé pendant une promenade à cheval... Mais où?... Jamais on ne me l’a dit au juste. D’ou venait-il? Où allait-il?
—D’où il venait?... répondit Dalgrand, non sans quelque embarras. Peu importe! Il rentrait chez lui, au château. Et l’assassin le guettait au bord d’une allée sombre, dans une espèce d’éboulis de rocs, encombré de végétation folle...
—C’est cela, interrompit Gilberte, le Chaos.
—Ah! vous voyez bien, dit Robert, que vous savez.
Sans relever cette interruption, la jeune fille reprit:
—C’est au pied d’une colline rocheuse, couverte de l’autre côté par des sapins. Au sommet, il y a un drôle de trou profond que l’on appelle le Puits du Diable.
—Tiens! s’écria son beau-frère. Comment connaissez-vous si bien la géographie de Villenoise?
—Vous ne vous rappelez donc pas la promenade que j’ai faite avec Lucienne et M. Vincent... le jour où nous sommes tous allés là-bas, et où vous avez montré l’usine à papa?