—Oui... la musique... dit gracieusement d'Espayrac.
Il expliqua que, dans les airs vifs ou passionnés, l'accord entre la mélodie et les paroles était généralement très juste, très complet, mais que, dans les phrases tendres ou mélancoliques, certaines sécheresses d'expression contrastaient encore avec la douloureuse douceur du chant.
—Je voudrais bien, dit-il, effacer de pareilles taches. Voyez-vous, j'en ai des remords, quand je songe que l'on me fait partager l'énorme succès de Mervil.
Simone fut touchée. Elle était si fière de son mari! D'ailleurs cette générosité de langage était, à ce qu'elle avait cru remarquer, peu fréquente chez les artistes. Leur mépris mutuel s'étale d'une façon qui, malgré l'habitude, lui paraissait toujours choquante. Roger lui-même avait des crises de personnalité féroce, dont l'injustice et la mesquinerie la gênaient.
—Il y a, continuait Jean d'Espayrac, un passage qui me désespère. C'est la célèbre romance: «Tears, idle tears...» dont votre mari a fait un pur petit chef-d'œuvre musical.
—Mais, dit Simone, vos paroles sont délicieuses.
Et elle se mit à fredonner:
«D'où venez-vous, larmes folles,
Vaines larmes, dans mes yeux?»
—Et la fin, comme c'est joli: