—Bonjour, madame, dit-il gravement. Si cette lettre est pour Mervil, veuillez lui faire mes amitiés.

La jeune femme leva sur lui un regard droit et ferme. C'était la première fois, depuis l'arrivée du poète à Hyères, qu'ils se trouvaient ainsi, seuls, en face l'un de l'autre.

—Merci, dit-elle. En effet, j'écris à Roger. Je vais lui faire votre commission.

Elle baissa de nouveau la tête. Les frisures de ses cheveux blonds brillaient doucement dans l'ombre tiède. Mais une rougeur intense envahit son cou, qui s'allongeait en s'inclinant, et que dégageait un grand collet de vieille dentelle tombant tout autour sur sa robe claire.

Jean posa les deux mains sur le bord de la table, et il avança le buste vers elle. Ses regards pesaient sur cette tête blonde qu'il voulait contraindre à se relever. Mme Mervil les sentit peut-être; en tout cas, elle dut voir son geste. Pourtant elle continua d'écrire. Alors Jean rapprocha encore son visage, et il murmura très bas:

—Simone!

Elle eut un sursaut d'inquiétude, un coup d'œil vers la maison:

—Ah! prenez garde!

Car les portes béantes laissaient voir l'intérieur, tandis qu'au-dessus d'elle les fenêtres pouvaient s'ouvrir, quelqu'un pouvait les écouter.

Une femme de chambre, d'ailleurs, parut presque aussitôt: «Madame est un peu souffrante,» venait-elle dire. «Elle est encore au lit. Elle prie Mme Mervil d'accompagner seule M. d'Espayrac jusqu'en haut du rocher.»