Fontès eut un élan d’indignation farouche.

—«Misérable!...» grinça-t-il en saisissant son frère au collet. «Assassin de la pauvre Louisette!... Il faut encore que tu massacres son chien!...»

Affolé, arrêté dans sa fuite, perdant la tête, n’obéissant plus qu’à l’instinct, Jacques, pour se dégager, tira encore. Un vague discernement dirigea son revolver vers le bras de Fontès. Car il ne voulait pas tuer, mais seulement desserrer l’étreinte.

Effectivement la main qui le tenait le lâcha, retomba, pendant que Fontès chancelant, reculait.

Mais, en même temps, une aveuglante douleur effaça l’univers devant les yeux, soudain obscurcis, du jeune homme. La pomme en cuivre du makhila de Garuche venait de s’abattre sur la tempe de Jacques, avec une force frénétique.

Le braconnier, accouru dès la première détonation du revolver, avait vu la mort de Fiston, puis le coup de feu contre Clément, qu’il crut menacé d’une autre balle. Au mot de celui-ci: «Assassin de Louisette!» il avait levé sa redoutable canne.

Maintenant, il s’adressait au jeune cadavre qu’il venait de faire, et qui, étendu sur le sol, y gisait avec la grâce pitoyable d’un être chez lequel la mort ne peut effacer la fleur de la vie.

—«Tu l’as voulu,» disait Garuche. «Voilà donc le sacripant que tu étais!... Je ne regrette rien ... T’étais pas de mon sang ... Un Garuche n’assassine pas une femme pour la voler ...»

Clément s’avança. Sa main gauche pendait, inerte. La balle du pistolet lui avait traversé le bras. De la main droite, il congédia l’homme:

—«Allez ...» dit-il.