—«Malgré ses torts,» reprit l’architecte, «vous m’autoriserez, j’espère, monsieur, à me rendre à la gare d’Épiais-Rhus, car voici l’heure d’un des trains par où cet infortuné peut rentrer de Paris? Ils sont rares, ces trains. Le pays n’est desservi que par un petit chemin de fer à voie unique ...
—Mais alors,» s’écria le procureur, «nous allons savoir facilement s’il est arrivé ou parti quelqu’un de suspect.
—Sans doute, si l’on suppose que l’assassin ait eu l’imprudence de circuler par la voie ferrée. A cette saison, et aux heures possibles pour sa fuite, il n’y a certainement pas dix voyageurs sur notre ligne avant Nesles-la-Vallée.
—Je vais avec vous à la station,» déclara le magistrat.
Il se fit accompagner par son greffier, laissant le commissaire de police perquisitionner chez Garuche.
L’auto du Parquet mit aussitôt les trois hommes devant la petite gare.
Les employés de la Compagnie et leur chef s’empressèrent. Leurs fonctions les retenant loin du drame, ils exultèrent quand le drame vint à eux.
Mais leurs éclaircissements furent sommaires.
D’après leurs affirmations unanimes, pas un être humain n’était descendu du train, à Epiais-Rhus, depuis l’arrivée des deux frères Fontès avec Mme Barbery, et pas un n’y était monté depuis que M. Jacques était reparti à dix heures du soir.