V

M. Landois ne s’attarda pas à savourer son café chez les frères Fontès. On vint le prévenir que la brigade mobile, mise à sa disposition, l’attendait au moulin. Cet homme, passionné de son métier, ne fit qu’un bond, oubliant au bord d’une table le petit verre plein de sherry-brandy—sa liqueur favorite—auquel il n’avait pas touché.

Clément seul l’accompagna jusqu’au seuil de la cour. En se retournant, l’architecte embrassa d’un coup d’œil la vieille façade, le marronnier énorme, ces choses de sa vie, des origines de sa vie, qui lui semblaient le miroir psychique, où il reconnaissait sa véritable image, quand des assauts imprévus le forçaient à se chercher lui-même, à se trouver fortement.

Des voix sortirent d’une croisée, entr’ouverte au premier étage. Et il s’étonna que son frère fût si vite monté là, dans l’atelier attenant au cabinet de travail.

Il eut la surprise correspondante de le voir déjà redescendu, et fumant sa cigarette à la place où il l’avait laissé,—lorsque, de son pas alenti, rêveur, il rentra dans la salle.

—«Tu fais donc travailler Sandouin ici maintenant?» questionna le cadet.

Il parlait du principal employé de son frère, qui, aux bureaux de Paris, rue de Châteaudun, suppléait le patron.

—«Aujourd’hui seulement, pour une affaire urgente. Tu penses bien ... je n’ai pas la tête. Qu’est-ce que tu voulais, là-haut?

—Rien ... Une bêtise ... un crayon.»

Les yeux de Clément se fixaient sur le veston de Jacques.