Voulant tirer de l’affaire le plus d’argent possible, il avait pris comme entrepreneur un véritable forban, qui, d’ailleurs, le volait, en ayant l’air d’exploiter à son profit fournisseurs et ouvriers. Pour imposer cet entrepreneur à un architecte, Crapart avait cru malin de choisir Fontès—un garçon ayant son avenir à faire, et qu’éblouirait une commande du richissime industriel.
Cette situation plaçait Clément dans des difficultés inextricables. Car il avait à la fois contre lui la mauvaise volonté de l’entrepreneur, dans le jeu duquel il voyait trop clair, et le mécontentement plein de menaces des ouvriers, que les exigences de ce même entrepreneur, manifestées avec la plus arrogante grossièreté, exaspéraient.
—«Depuis deux jours que vous n’y avez pas paru, monsieur,» disait Sandouin, «le chantier n’est plus reconnaissable. Les têtes fortes ont repris le dessus ... Si vous saviez les discours qu’on tient chez les mastroquets de la route de la Révolte ... Un nom de circonstance, en ce moment.
—On parle de grève?
—Pis que ça. La grève, non. Les syndicats n’y sont pas à l’heure actuelle. Nos ouvriers veulent du travail. Mais pour Crapart, il pourra se fouiller, comme disent les compagnons. Ses chantiers seraient mis à l’index. Il ne trouverait plus un gâcheur de plâtre ...
—«Oh!...» jeta Fontès, incrédule.
—«Il y a une autre école.
—Laquelle?
—Celle du sabotage.
—Quant à cela, Baraudier»—(il nommait l’entrepreneur)—«ne les laissera pas ... C’est un corsaire ... Mais ... l’orgueil de son ouvrage ... Et il a l’œil.