—Je partirai.

—Ne perds pas un moment,» fit Gaétane, soucieuse. «L’important est de toujours rester sur la trace de Mathias. Qui sait s’il n’a pas quitté le pays depuis hier? Suppose qu’il ait gagné par mer, avec son bateau, un port d’embarquement, qu’il soit allé au loin prendre passage sur un navire étranger ...»

La physionomie délicate et pensive du jeune comte de Ferneuse s’obscurcit.

—«Ah! mère, comme vous prévoyez vite!... Je n’ai pas votre subtilité. Le peu de science que je possède me sera inutile pour la tâche que j’entreprends!»

Il se leva, secouant une insidieuse lâcheté.

Quelle tristesse de laisser ses expériences! Des vérités près d’éclore allaient peut-être s’ensevelir de nouveau pour longtemps sous la poussière de son laboratoire fermé. Et Micheline ... Il devrait s’éloigner d’elle, sans même qu’elle pût le suivre par la pensée, dans le mystère de son scabreux voyage.

—«Tu pourras faire tes adieux officiels à Valcor,» observa sa mère. «Après cette lettre de Laurence, qui clôt l’incident du bal, nous n’avons pas à leur tenir rigueur. La marquise, en parlant du «bonheur de nos enfants», t’admet clairement comme son futur gendre.

—Je ne suis pas de votre avis, mère. Je n’irai pas à Valcor avant mon départ.

—Pourquoi?