—«Tu l’as fait?
—Oui-da. J’ai vu qué’ques chiffons de papier. J’ai pas pensé que ça pouvait être bien méchant.
—Méchant!... C’était une canaillerie, et tu t’en doutais bien. Enfin, le remords t’a pris. Tu vas venir avec moi, pour écrire et signer ce que tu nous as raconté là. Puis, tu me décriras le gredin qui a compté sur ta mine de nigaud pour nous tendre ce piège imbécile.
—Oh! monsieur le marquis,» s’écria le Limousin madré, qui joua la frayeur, «Vous n’allez pas me faire mettre en prison!»
La voix émue de Laurence s’éleva:
—«Non, mon petit ami. Vous êtes un brave garçon. Je veux que vous ayez une récompense, au contraire. Puis, dites-moi votre nom, l’adresse de vos parents. Jamais je ne vous oublierai. Ah! vous réparez bien le mal que vous avez commis.»
Elle palpitait, dans une telle griserie de délivrance, qu’elle eût traité en bienfaiteur ce gâcheur de plâtre, cause pourtant de sa récente torture, d’après ce qu’il disait.
Renaud emmena l’ouvrier qui, une fois dans le grand cabinet de travail, un luxe lourd et sévère, sembla plus mal à l’aise.
—«C’est-il vrai, monsieur le marquis, que vous allez me faire écrire?... Vous ne m’aviez point dit ça, tout d’abord.
—Ne te tourmente donc pas, jeune oison,» dit Valcor avec son aisance heureuse, que venait de lui rendre complètement le succès de son subterfuge. «Je vais te dicter quelques lignes, et tu les signeras du nom que tu voudras.