Pas un atome de cruauté n’entrait dans la nature puissante de Valcor. En ce moment, peut-être, le sentiment qui dominait en lui était la joie d’avoir vu s’évanouir la souffrance de sa femme. La méchanceté, le mal inutile, lui inspiraient de la répugnance. Mais il y avait en lui des forces qui, pour le porter au but, savaient au besoin étouffer toute pitié.

Il dit à Firmin Bauchet, avec le fascinant sourire qui faisait de tous les êtres simples des esclaves ravis de sa volonté:

—«La dame pensera que tu as eu peur des conséquences de ta faute, de ton aveu, et que tu t’es enfui. Tes camarades ne diront rien, car on ne les questionnera pas. Elle est consolée, cette dame. N’est-ce pas ce que nous voulions?» ajouta-t-il.

Et le grand seigneur prononça avec un charme inexprimable ce «nous» qui l’unissait au petit maçon. En même temps, il lui tendait la somme promise.

—«Tu vois, je te la donne en or, pour qu’un billet ne te compromette pas. Ta bourse est-elle assez grande pour la mettre?»

Certes. C’était une poche de cuir à cordon, plus faite pour contenir des gros sous que des louis, et qui avait, en conséquence, toute l’ampleur nécessaire.

—«Ça te permettra d’épouser ta promise?» dit Renaud en comptant les pièces.

—«Non,» dit Firmin Bauchet. «Ça empêchera la mère de se tuer de travail pour les petits quand je serai au régiment. J’ai huit frères et sœurs, dont je suis l’aîné. Et le père est toujours malade.

—Alors, voilà deux cents francs de plus. Et si on t’ennuie pour cet argent, écris-moi. Je certifierai que tu l’as gagné à mon service, ce qui est la vérité.»