—«C'est vrai?... Je suis donc en sécurité ici?...» demanda-t-il.

—«Je m'appelle Armande de Solgrès,» dit la rude fille avec une hauteur impressionnante. «Mon frère est officier de zouaves. Êtes-vous réellement un soldat de Garibaldi?

—Connaissez-vous l'écriture de notre Giuseppe?» interrogea l'Italien.

Il parlait avec un accent prononcé, dont le chantonnement n'était pas sans charme. Sa voix, sur le nom vénéré, eut une inflexion adoratrice.

Armande secoua la tête.

—«Vous faut-il des preuves?» prononça l'Italien avec une ardeur captivante. «Nous les avons battus, les Allemands... Vous entendez... Nous les avons battus!... Nous avons sauvé Dijon après une lutte de trois jours. Riccioti Garibaldi,—le fils de Giuseppe, vous savez?...—a pris un drapeau allemand, celui du 8e poméranien. Oui... un drapeau... Le premier de cette guerre... [1] Est-ce que vous me croyez, madame?...»

[1] Ce fut le seul.

Il ne douta pas qu'elle ne le crût. Le visage ingrat d'Armande resplendit d'émotion et d'enthousiasme jusqu'à en être transfiguré. Peu éloquente, elle ne trouvait pas de paroles. Elle dit seulement, d'une intonation profonde:

—«C'est bien... C'est bien!...» Puis elle ajouta vivement: «N'y avait-il que des Italiens?...