—Allons donc!... Une plaisanterie!... Vous ne les avez plus en banque.

—Je les tiens sur parole.»

Il y eut un silence, peu flatteur pour l'étranger. Celui-ci appela le garçon de jeu.

—«Donnez-moi des jetons,» lui dit-il. «Pour deux cents louis.»

L'homme se pencha, murmura tout bas quelque chose.

—«Oh! mon Dieu,» ricana le bel étranger, «on manque plutôt de confiance, dans votre boîte. Tenez...» ajouta-t-il en plongeant la main dans une poche intérieure de son habit, «c'est vrai, je n'ai plus d'argent sur moi. Mais me prêterez-vous, si je vous laisse ceci en gage?»

D'un geste négligent, il tendait une admirable émeraude, soutenue par une mince chaîne d'or. Un des assistants s'écria:

—«Mais c'est une ferronnière! Vous avez donc dévalisé votre trisaïeule?...

—Un bijou de famille... Je l'avais sur moi pour le faire monter en bague. Ça tombe bien, puisque vous m'avez si proprement ratissé, messieurs.»

Le garçon de jeu emporta l'émeraude, et, l'ayant montrée au caissier, il revint avec deux cents louis de jetons, qu'il plaça devant le banquier. Celui-ci tailla, jeta une bûche au tableau de droite, qui portait les deux mille francs. Il eut un imperceptible sourire, donna sept au tableau de gauche, et se servit. La seconde carte du premier tableau fut un huit. Celle de l'autre un quatre. Le banquier retourna ses cartes. Il avait un roi et un valet. Une rumeur légère courut dans le groupe.