—«Soit,» énonça le fils d'Armande. «Je vous tiendrai quitte de tous vos crimes, si vous me restituez Solgrès!

—Solgrès!...» cria Pascal avec un sursaut de stupéfaction.

—«Certainement... Solgrès... le château, le domaine, que vous m'avez volés. Vous savez bien que, moi vivant, ma mère n'eût jamais donné cette terre, cette demeure, à un autre. Elle me les destinait... Et si vous en doutiez, j'ai son testament, écrit de sa main avant que vous m'ayez fait disparaître, qui en fait foi.

—Moi aussi, j'ai un testament, postérieur au vôtre, et qui me rend le maître légal de ces biens, annulant les volontés antérieures devant toutes les juridictions du monde.

—Qui parle de juridiction, misérable?» écuma le dépossédé, dont le sang de nouveau s'enflamma. «Ne sais-je pas aussi bien que vous à quel point ont réussi vos machinations atroces? Je vous déclare, à vous, que Solgrès est mon bien. Vous n'en pouvez douter. De par la formelle intention de ma mère, j'en devais même porter le nom.

—Le nom!...» hurla le marquis, bondissant presque. «Le nom que portait ma femme, le nom qu'elle échangea contre le mien! Vous... son bâtard!...»

Michel croisa les bras et sourit.

—«Vous voyez bien que vous me reconnaissez.»

Un silence se fit, où vibrait un sifflement monotone,—le concert de millions d'insectes bourdonnants, qui montait plus aigu dans la chaleur croissante.

—«Ce serait insensé!» reprit Pascal avec plus de calme. «Vous ne me posez pas sérieusement des conditions pareilles?