—Qui donc?» demanda Lina, sans intérêt.

—«Un Américain que Madame doit connaître, ce richissime fabricant de pneus, le roi du caoutchouc, qu'on l'appelle.

—Cet imbécile de Taunton!...

—Oui, c'est cela, M. Toton.

—Toton!...» répéta Lina avec un profond mépris pour cette prononciation grotesque, «Va pour Toton. Il tourne assez autour de moi, ce toton-là.

—Madame a remarqué?

—Si j'ai remarqué?... Ah! ça, on vous a donc oublié en nourrice, mon pauvre Antonin?... Non, mais voyez-vous qu'une femme ne s'aperçoive pas quand un type en pince pour elle!...

—Alors,» s'exclama naïvement le coiffeur, «comment se fait-il que ce Yankee ne connaisse pas les cheveux de Madame? Il a tellement envie de les voir déroulés qu'il est venu me proposer de l'emmener ici comme mon aide, et qu'il m'aurait payé très cher pour y consentir.

—Eh ben, il lui en aurait cuit, et à toi aussi, mon vieux! A-t-on idée d'un aplomb pareil!» s'écria Lina furieuse.

—«C'est ce que je lui ai dit: «Madame de Cardeville n'est pas méchante, mais il ne faut pas faire le malin avec elle. Quand ça lui plaira, elle vous recevra.»