Elle ne dit rien, monta à la chambre de son mari. Les deux hommes, sans qu'elle protestât, la suivirent. Ils s'arrêtèrent dans le corridor, devant la porte, qu'elle referma en entrant. Elle s'approcha du lit, toucha l'épaule du dormeur. Quand il eut ouvert les yeux, elle prononça, glaciale:

—«On vient pour t'arrêter.»

Intensément elle épiait le premier geste, pour deviner combien pesait le fardeau de cette conscience. Mais elle était loin de prévoir l'effet foudroyant de ses paroles.

Occana se dressa sur son séant, hagard.

—«Laisse-moi fuir!...

—Impossible!

—Où sont-ils?

—Là... dans le couloir.

—Il y a une autre porte... Il y a la fenêtre... Laisse-moi!... Tu ne sais pas... J'ai la clef du passage secret... du souterrain... Une minute d'avance, et je suis sauvé!

—Qu'as-tu donc fait?...»