—Ce sont les seuls qui vous importent. Vous savez où je perche. Vous pourriez me faire arrêter ce soir si bon vous semblait.
—Heu! heu!
—Ne faites pas le malin. Vous n’y songez guère. Entre les pattes des flics, je nierai tout ce que je vous ai dit, tandis que, si vous m’offrez des propositions raisonnables, on pourra s’entendre.»
Escaldas réfléchit, les yeux fixés sur cette face patibulaire, non dépourvue d’une séduction de vice et de vigoureuse animalité, qui donnait plus d’une rivale, heureuse ou non, à la Môme-Cervelas.
—«Voyons,» reprit Arthur Sornières, «sur quel pied pouvons-nous partir? Que m’offrez-vous?
—Personnellement, je ne puis rien vous offrir,» dit Escaldas. «Et pour une excellente raison, c’est que je ne possède pas un radis.»
Ce fut lui qui, sur cette phrase, jeta un éloquent regard autour de l’affreuse chambre garnie. Même il souligna par un geste circulaire la signification de ce regard.
Celui de l’Apache avait suivi, gouailleur d’abord devant cette sordide médiocrité, puis, soudain vacillant, furtif, en effleurant la paroi au-dessus du lit, là où surgissait le gros crochet de fer, presque agressif dans son inutilité. Un mouvement brutal, incompréhensible, secoua Sornières. Puis il observa Escaldas et dit d’un ton rogue:
—«N’essayez pas de me fiche dedans avec cette façon de vous dérober quand je vous demande «Que m’offrez-vous?» Je ne m’adresse pas au claquedent que vous êtes. Je parle de votre parti, de vos aristocrates et de vos princes. De tous ceux qui se partageront la galette quand le Valcor fera des chaussons de lisière, ou cultivera les légumes de l’État, à la Nouvelle.
—J’ai bien compris,» fit le Bolivien, «Mais il faut que je m’entende avec eux.