Escaldas se tordit de rire, tant l’idée lui sembla drôle.

—«Fixez-le pour avant de passer chez moi,» suggéra-t-il, grossièrement facétieux. «Les charmes de la donzelle vous troubleront le cerveau. Vous ne serez plus de force à me rouler ensuite.

—Ne t’y fie pas, mon vieux lapin,» lança le voyou, qui déjà filait par un couloir, où, des portes mal jointes, suintaient des relents nauséabonds de parfumerie à bon marché.

A peine seul, Escaldas courut chez Gilbert.

Il ne réfléchissait pas qu’on était un dimanche, et l’un des premiers du printemps, jour de courses. Comment le Bolivien eût-il reconnu la journée dominicale ou la saison du renouveau? Il n’existait pas de repos hebdomadaire pour cet homme à la fois désœuvré et affairé, ce parasite social, ignorant de toute régularité laborieuse. Et quant au printemps, il faut avouer que, dans la brume fondue d’averses, et sous l’aigre vent d’un avril parisien, il se déguisait singulièrement en hiver, surtout pour la frileuse appréciation d’un indigène des tropiques.

—«Monsieur le prince n’est pas à la maison,» dit à Escaldas le majestueux portier, qui, un jour de l’année précédente, avait paru si redoutable à la pauvre Bertrande.

—«Je vais monter pour lui laisser un mot.

—C’est inutile. Son domestique est absent.

—Dites que je reviendrai ce soir, que c’est extrêmement important. Priez le prince de m’attendre.

—Que Monsieur soit tranquille. La commission sera transmise.»