Il y arriva vers quatre heures et quart.
C’était la seconde ou la troisième fois, tout au plus, qu’il venait voir le Bolivien dans sa louche demeure. Une grimace involontaire plissa ses lèvres, retroussa ses narines, lorsqu’il pénétra dans le corridor d’entrée, laissant retomber derrière lui la demi-porte à claire-voie, dont la sonnette faussée grinça faiblement.
Ce corridor, long de six à huit mètres, sans ouvertures latérales, aboutissait à une cour, dans laquelle se trouvait, sur la droite, une espèce de loge ou bureau, généralement désert.
Le prince se rappelait avoir vainement attendu, puis appelé, puis erré dans les divers escaliers sales, avant d’avoir pu obtenir un renseignement, lors de sa première visite.
Cet après-midi, toutefois, il aperçut dans la loge un visage renfrogné de vieille, qui se dressa pour le dévisager. Sa tournure élégante faisait événement dans un tel lieu.
—«Monsieur Escaldas est-il chez lui, madame?
—Certainement,» dit-elle, presque déridée par une grâce d’aspect et de ton si peu coutumière en ces parages. «Monsieur peut monter sans crainte. L’escalier A, à gauche, numéro 27.»
Elle ajouta, loquace:
—«J’ai porté moi-même, à une heure, le déjeuner de monsieur Escaldas. Il m’a dit qu’il ne le prenait pas dehors parce qu’il attendait quelqu’un, et qu’il ne bougerait pas tant qu’on ne serait pas venu.