—«Demeurez là, mère. Je vais ordonner à notre escorte de rassembler ces tristes restes. Je les ferai déposer dans une fosse sur laquelle on roulera un fragment de roc. Le Père Eudoxe bénira leur tombe. C’est tout ce que nous pouvons pour eux.
—Je veux t’accompagner... Je veux les voir tous,» dit la comtesse avec agitation.
Hervé la comprit.
—«Ayez confiance en moi,» murmura-t-il. «Ne craignez ni une négligence ni une affreuse erreur. Celui auquel vous pensez n’est-il pas mon père?»
Elle cacha son visage dans ses mains.
Il poursuivit, avec une douceur pleine de caresse et de pitié:
—«Hélas! Plût au ciel que sa dépouille sacrée fût encore ici, même ignominieusement exposée comme ces pauvres corps! Mon respect et votre tendresse lui rendraient plus doux son lit éternel. Mais nous ne le verrons pas, lui! Vous pensez bien que les profanateurs ont fait disparaître jusqu’au moindre vestige de ce qui serait pour nous une si chère relique.»
Le jeune homme quitta sa mère, près de laquelle il laissa le religieux. Il revint au bout d’une heure.
—«Nos Indiens rendent les derniers devoirs aux leurs. Je n’interviens pas dans leur cérémonial. Qu’ils suivent leurs coutumes.» Et il ajouta la citation évangélique: «Laissons les morts ensevelir leurs morts.»