Ce Dieu, que, d'après toi, je renie et j'outrage,

Ne l'offenses-tu point quand tu prétends l'aimer?

Tu lui prêtes ton cœur, tes haines, ton langage,

Et de tes passions tu le veux animer.

Moi, devant sa grandeur je m'incline en silence.

Lorsque son soleil d'or sur mon front se balance,

J'admire le rayon dont la splendeur a lui;

Car le soleil est fait de poudre et me ressemble.

Mais Dieu, qu'il règne ou non, que saurais-je de lui?

Et qui de nous l'insulte, ô chrétien! que t'en semble?